“Le meilleur jardin botanique des Balkans et du Moyen Orient est le nôtre…” nous confie le Prof. Adil Güner, Directeur du jardin botanique Nezahat Gökyiğit (NGBB) .

Ce texte est en ligne dans le petitjournal.com d'Istanbul

Aviez-vous déjà entendu parler du jardin botanique (Nezahat Gökyiğit Botanik Bahçesi) d'Istanbul? Il existe depuis plus de dix ans au milieu de l’autoroute qui relie Ataşehir à Istanbul et porte le slogan «la nature malgré l’autoroute».


J’y suis entrée un jour, intriguée par le panneau de signalisation qui l’indiquait sur la route et sur lequel j’étais tombée. Il y avait une exposition d’art botanique dans l’une des cabanes en bois. Les peintures et de l’ambiance m’ont ravie et aussitôt je me suis inscrite au cours de peinture botanique qu’ils proposaient. J’ai ainsi commencé à faire de l’aquarelle. Depuis, je fréquente souvent la bibliothèque du jardin pour lire les livres et les magazines d’art botanique… Cette année, je me suis inscrite de nouveau aux cours de peinture botanique mais au niveau avancé ! J’adore venir une fois par semaine dans ce jardin et y passer mon temps au milieu de la verdure et des fleurs.

Vous ne pouvez pas imaginer combien cela me rassure d’être là,  tandis que mon cœur souffre de voir Istanbul se noyer dans le béton chaque jour un peu plus…

Vous savez ce que j’ai prévu?  Au mois de mars, je vais commencer des cours de jardinage dans le même endroit. J’aurai un certificat de jardinier signé par NGBB, Jardin Botanique Royal d’Edimbourg et de l’Université de Yeditepe.

Allez voir sur le site internet de NGBB. Il y a de multiples activités intéressantes ouvertes au public. Je vous propose d’y emmener vos enfants pour qu’ils découvrent les différentes plantes et qu’ils  prennent contact avec la terre.  Vous aurez la chance d’y voir des plantes endémiques de Turquie. Qui sait ? Peut être vous allez décider de devenir un jardinier bénévole du jardin.  Allez lire les conditions sur leur site. Si l’idée vous tente vous pouvez proposer d’être bénévole expert en sciences, ou venir aider pour les formations, la bibliothèque, le bureau…  Vous pouvez commencer le samedi  2 mars 2013. C’est la journée des nouvelles rencontres “Venez développons notre jardin ensemble”…

Prof. Adil Güner, Directeur du jardin,  est un homme dévoué à son travail d’un caractère agréable, productif,  sérieux et dynamique. Le jour de notre rencontre pour  ce reportage j’ai eu en même temps la chance de voir fleurir la fleur endémique “Ak navruz”. On a donné ce beau nom à la fleur de Margaret Johnson. Retraitée des Jardins Botaniques Royaux de Kew à Londres. Elle est conseillère du NGBB depuis 10 ans. Je l’ai rencontrée le même jour que son Ak navruz. A moi la chance de les photographier ensemble pour la première fois.

muscari
J’avais lu l’article de Christopher Thacker “l’Histoire des Jardins” sur les plantes d’Istanbul.  On y apprend que l'intérêt de l’occident pour les plantes exotiques a commencé dès le 16ème siècle. On avait alors fait preuve d’un grand intérêt pour les parutions des articles sur les jardins Ottomans du voyageur et scientifique Pierre Belon, écrits entre 1546-1548 pendant ses voyages à Istanbul.

C’était Ogier Ghiselin de Busbecq, Ambassadeur d’Autriche en Turquie des années 1554-1562, qui a fait connaître pour la première fois les tulipes de Turquie en Europe et a été le déclencheur de sa propagation de l’autre côté de la méditerranée. De Busbecq avait envoyé de Turquie des bulbes de tulipes à son ami botaniste Charles de l’Ecluse. Ces bulbes à l’origine cueillies dans la nature ont été cultivées par de l’Ecluse et se sont répandues en Europe. 

La tulipe n’est pas la seule fleur qui a été de Turquie en Europe...  Plusieurs plantes venant de Chine en Turquie par la route de la soie prouvent l’intérêt de l’époque pour la culture et le jardinage dans le monde musulman du 16ème siècle. On a découvert plusieurs sortes de plante cultivées dans les jardins d’Istanbul, d’Edirne, de Bursa et de Manisa…

Fritilaria imperiallis, Iris iberica, jacinthe, lys blanc, muscari, anémone, oeillet, pivoine, lilas, jonquille, jasmin blanc  sont quelques unes des fleurs qui sont allées de Turquie vers l’occident dans les années 1600. De même pour les baies noires, les noix, la rose trémière, châtaigne, perce neige…

Retournons à Ataşehir, à Istanbul, à notre reportage avec le Prof. Adil Güner, directeur du jardin botanique NGBB. Jardin qui se développe et prospère de jour en jour en dépit et au milieu de l’autoroute.

Qu’est-ce que signifie le mot endémique?
L’endémique veut dire «propre à.. », «particulier». Propre à une région, à un pays, un lieu. Une espèce est dite endémique si elle n’existe que dans une zone géographique particulière. Il faut dire par exemple des espèces endémiques de Turquie, de la Mer Noir etc..

Quel est le nombre de plantes endémiques en Turquie?
On a recensé 3035 espèces endémiques. Ce nombre était en réalité plus grand.

Pourquoi a-t-il baissé?
Parce que certaines plantes qu’on a trouvées ont aussi été retrouvées ensuite dans d’autres pays. Elles ont alors été retirées du classement. Mais cependant toutes ces plantes restent très précieuses pour nous.

Où retrouve t’on le plus d’espèces de plantes endémiques?
Dans les chaînes de montagne de Toros, Amanos, dans le sud est des Toros, dans le sud de Van, les montagnes de Cilo, dans les chaînes de montagnes de Kaçkar et en anatolie centrale autour du lac de sel.

Pourquoi plus spécifiquement dans les montagnes?
Les conditions dans les montagnes sont extrêmes. Dans ces conditions difficiles les plantes essayent de survivre. Elles se développent d’une façon singulière et deviennent propres à la région.

Iris iberica

Combien il y a-t-il de plantes endémiques au jardin NGBB?
Il y en a 181.

Quand a-t-on découvert la fleur Ak navruz que je viens de photographier?
En 2010 on a vu les premiers exemples dans le village de Kadirli à Osmaniye. On en a prélevé quelques unes pour l’herbarium, pour la recherche. Et les autres, pour les cultiver dans notre jardin.

Depuis quand travaillez-vous pour le jardin ? Vous étiez dans quelle université avant?
J’étais à Hacettepe. Ensuite j’ai travaillé à l’Université İzzet Baysal à Abant. Pour pouvoir travailler dans le jardin NGGB j’ai demandé ma retraite anticipée. Je travaille dans ce jardin depuis 2001.

Comment avez-vous rencontré monsieur Nihat Gökyiğit?
Dans les années 90, j’ai commencé à travailler avec  Hayrettin Karaca. C’est lui qui m’a présenté à Mr Nihat Gökyiğit.  En 1982, Mr Nihat Gökyiğit voulait faire un parc à la mémoire de sa femme Nezahat. Les travaux ont commencé en 1995. Mr Hayrettin Karaca a proposé que je le gère à Mr Nihat Gökyiğit.

Cela doit être difficile de créer un parc depuis un espace vide?
On avait déjà commencé à travailler et à améliorer la terre. Sur une surface de 38 hectares on avait planté 50 mille arbres et des buissons. Ils continuent de grandir. Il fallait bien commencer quelque part. Nous avons commencé les travaux pour en faire un jardin botanique. On a créé un jardin des roches, une piscine, un jardin des plantes à bulbes. C’est à partir de l’année 2003 que nous avons réellement pu commencer à le nommer « jardin botanique ».

Est-ce-que vous cherchez les plantes sauvages directement dans la nature ? Comment vivent-elles ensuite dans le jardin?
On ne peut pas savoir à l’avance si elles vont pouvoir survivre. Il faut essayer. Nous faisons des essais et des projections. Certaines vivent parfaitement dans ce nouvel environnement, d’autres non.

Avez-vous la main verte ? Etes-vous un bon jardinier?
Moi je ne suis ni un bon jardinier, ni j’ai la main verte. Je suis avant tout un homme scientifique et je travaille sur le système des plantes. Je les regarde avec un œil scientifique, je les évalue et les classe en me concentrant sur leur nature et des indices.

J’attendais une réponse plus « romantique » (rires)
Un photographe se concentre sur la composition. Il regarde les plantes pour pouvoir mieux les saisir. Moi, je regarde les feuilles, le genre, les fleurs. Le jardinier regarde les plantes pour pouvoir comprendre si elles vont tenir ou non. C’est vrai que quelques personnes qui ont une bonne expérience de la culture des plantes développent des gestes instinctifs face aux plantes. En regardant, ils comprennent ce qu’ils veulent. Ils sont plus capables que les autres.

Quelle est la plus grande valeur ajoutée de ce jardin pour les travaux de botanique menés en Turquie?
Notre objectif c’est de transmettre des informations sur les plantes au peuple. Notre plus grande mission c’est cela. Je peux très facilement dire que ce jardin botanique est le meilleur jardin botanique des Balkans et du Moyen Orient.

Comment vous trouvez le support financier?
Le jardin NGBB est une initiative de la fondation Ali Nihat Gökyiğit.

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